Interruptions de grossesse : données épidémiologiques, accessibilité et techniques

TitleInterruptions de grossesse : données épidémiologiques, accessibilité et techniques
Publication TypeReport
Year of Publication2016
AuthorsCominetti, F, Koutaissoff, D, Lociciro, S, Spencer, B
Series TitleRaisons de santé
Document Number217
Pagination72
InstitutionInstitut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP)
CityLausanne
Abstract

Financé par le Service de la santé publique (SSP) du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) du canton de Vaud, le présent rapport vient en complément du mandat de surveillance des interruptions de grossesse (IG) effectuées dans le canton de Vaud. Il a comme objectif de mettre en contexte la situation dans le canton de Vaud en faisant le point sur différents aspects de l'interruption de grossesse à l'appui des revues parues dans la littérature internationale. Trois axes d'analyse sont présentés : les données épidémiologiques, l'accessibilité à l'IG ainsi que les techniques d'interruption de grossesse et leurs éventuelles conséquences indésirables.

Situation épidémiologique des interruptions de grossesse dans le canton de Vaud en regard d’autres pays au niveau européen et mondial.

  • En 2008, le taux d’interruption de grossesse est de 27 ‰ en Europe (inclus les pays de l’Ex-union soviétique) et de 28‰ au niveau mondial. La région de l’Europe de l’Ouest (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Autriche) a le taux le plus bas au monde (12‰).
  • La Suisse figure parmi les pays ayant les taux les plus bas d’Europe (6.7‰ en 2012). Le canton de Vaud a un taux de 8.9‰.

Accessibilité à l’interruption de grossesse

  • De nombreux pays industrialisés ont assoupli, ces dernières années, leur législation sur l’interruption de grossesse. C’est le cas notamment de la Suisse, où depuis 2002, la femme confrontée à une grossesse non-désirée décide dans un délai de 12 semaines si elle mène à terme ou fait interrompre sa grossesse.
  • De manière générale, la libéralisation des lois sur l’interruption de grossesse n'a pas conduit à une augmentation de l'incidence des interruptions de grossesse.
  • En Suisse, aucune augmentation des interruptions de grossesse n’a été constatée suite à l’introduction du régime du délai en 2002.
  • Concernant les motivations avancées pour demander une IG, une synthèse des études menées indique que les femmes donnent en moyenne 5 raisons à leur demande d’IG. Ces raisons sont le plus souvent corrélées et ne peuvent être considérées séparément. C’est l’addition de ces différentes raisons qui fait qu’une femme se retrouve dans une situation dans laquelle une demande d’interruption de grossesse est la solution la moins mauvaise.

Techniques d’interruptions de grossesse et leurs éventuels conséquences indésirables

Il existe deux approches à l'interruption de grossesse: la méthode chirurgicale et la méthode médicamenteuse, autorisée en Suisse jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée et laissée à l'appréciation du clinicien jusqu'à 9 semaines. La méthode médicamenteuse est autorisée en Suisse depuis 1999 et, sous certaines conditions, se pratique également au cabinet privé. Dans la majorité des cas, elle constitue la méthode de choix. Sur le plan international, plusieurs revues ont évalué la pertinence et l'efficacité de ces deux méthodes et des différents protocoles qui peuvent être appliqués pour effectuer l'interruption de grossesse.

Pour la méthode chirurgicale, la technique par aspiration est plus rapide, plus efficace et moins douloureuse que le curetage. Une préparation cervicale est recommandée dès 12-14 semaines d’aménorrhée (SA) et une antibioprophylaxie systématique est conseillée. Pour la méthode médicamenteuse, la dose de mifépristone de 200 [mg] semble avoir la même efficacité que celle de 600 [mg] lorsqu’elle est associée au misoprostol. Le taux de succès semble diminuer si l’intervalle entre la prise des deux médicaments est inférieur à 8 heures. La voie d’administration vaginale du misoprostol apparaît comme « optimale ». Le principal facteur favorable au succès de cette méthode est l’âge gestationnel bas. Le risque infectieux est très faible. L’IG médicamenteuse peut être faite à domicile, ce qui présente certains avantages (intimité, soutien de l’entourage), tout en étant aussi efficace et sûre qu’en clinique.

Au 2e trimestre, l’association mifépristone-misoprostol est la méthode médicamenteuse la plus efficace et la plus rapide. Le misoprostol devrait être administré par voie vaginale, ou sublinguale. L’intervalle entre les deux substances peut être réduit à 12-24 heures, raccourcissant la durée totale de l’IG.

L’événement indésirable le plus fréquent des IG médicamenteuses est la poursuite de la grossesse. Les IG médicamenteuses sont souvent accompagnées de crampes utérines et de saignements plus importants que la méthode chirurgicale. Le risque du cancer du sein ne semble pas augmenter suite à une IG.

Les IG ne semblent pas associées à une augmentation de troubles de la santé psychique, lorsque les facteurs confondants sont contrôlés et les groupes de comparaison « pertinents » : par exemple les grossesses non-désirées menées à terme.

Notes

Étude financée par : Canton de Vaud, Service de la santé publique.

Remerciements :Nous remercions chaleureusement la Dre Regina Kulier pour sa relecture avisée du Chapitre 5.

URLhttp://www.iumsp.ch/Publications/pdf/rds217_fr.pdf
DOI10.16908/issn.1660-7104/217
Citation Key / SERVAL ID6588
Type de publication IUMSP: 

                         

IUMSP | www.iumsp.ch
Institute of Social and Preventive Medicine
Route de la Corniche 10, 1010 Lausanne - Switzerland
+41 21 314 72 72 | dess.info@unisante.ch

Go to top