Projet SELPHUV: personnaliser la prévention solaire au moyen de la photographie UV

Abstract

Les rayons ultraviolets (UV) solaires sont le principal facteur causal des cancers de la peau (mélanome et cancer épithélial de la peau) et les personnes ayant des activités de loisirs ou professionnelles à forte exposition aux UV courent un risque accru de cancer. Malgré des campagnes de prévention variées et de longue date, l'incidence du cancer de la peau en Suisse continue d’augmenter et reste parmi les plus élevées d'Europe. Ceci suggère que de nouvelles approches de prévention sont nécessaires. Cette étude visait à démontrer la faisabilité et l'acceptabilité d'un service de prévention du cancer de la peau utilisant la photographie UV et des messages de prévention personnalisés, ciblant les groupes ayant une exposition chronique aux UV solaires.

Ainsi, 440 personnes dans 13 sites publics et privés répartis dans le canton de Vaud ont rempli un questionnaire électronique pour recueillir des informations sur leurs habitudes de protection au soleil et effectuer une prise de photographie de leur visage. Pour ce faire, l'appareil photo VISIA7 (Canfield®) a été utilisé pour compter et montrer la présence de taches UV et de rides aux participant.e.s. Sur la base de ces données et de la photographie, un message de prévention personnalisé a été délivré sur place par une infirmière formée. Un questionnaire de suivi a été envoyé 3 mois plus tard aux participant.e.s pour évaluer leur satisfaction ainsi qu’un éventuel changement dans leurs habitudes de protection solaire. Les entités visitées ont également répondu à un bref questionnaire de satisfaction quelques mois après la prestation, et montré leur haut degré de satisfaction, et le cas échéant une volonté de faire participer d’autres collaborateurs/élèves/usagers.

Les participant.e.s (âge médian 44 ans ; 58% d'hommes ; 52% de travailleuse.eur.s en extérieur) ont, dans l'ensemble, déclaré un niveau relativement élevé de satisfaction avec la prestation. Leur niveau de protection solaire était relativement élevé avant la prestation, en accord avec les études précédentes, allant de 9% de port de manches longues à 72% de port de lunettes de soleil. Une moyenne de 343 taches UV a été mesurée par personne (étendue : 0 à 590 taches). Les principaux déterminants d'un nombre plus élevé de taches UV étaient le fait d'avoir un niveau d'éducation plus élevé, un phototype plus clair, fréquenté le solarium, un nombre d’années plus élevé de travail en extérieur, reçu des coups de soleil dans la jeunesse et pris des bains de soleil.

Une majorité des 274 (62% du total) participant.e.s ayant répondu au second questionnaire ont indiqué avoir amélioré leur protection solaire (n=167, 61%). Dans le détail, chaque moyen de protection investigué a été significativement davantage utilisé dans les trois mois suivant la prestation, la plus forte progression étant pour le port de chapeau passant de 54% à 71% tant en loisirs qu’au travail. Cependant, aucun déterminant spécifiquement associé à ces changements positifs n’a pu être identifié.

La raison principale perçue par l'individu pour un changement favorable du comportement de protection contre les UV semble être liée au message de protection personnalisé. Toutefois, comme la photographie renforçait le message délivré par les infirmières et que le protocole ne comportait pas de groupes de comparaisons, aucune conclusion définitive ne peut être tirée sur l’impact seul de la photo ou du message. Quant aux raisons de non-changement, outre une protection déjà jugée convenable, les travailleuse.eur.s en extérieur ont souligné l’impossibilité de suivre certaines recommandations dans le cadre professionnel.

Quelques pistes d’amélioration générale de la prestation sont proposées. Une analyse financière des conditions de pérennisation de cette prestation complète ce rapport.